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mardi 20 novembre 2007

Parti, ô désespoir

Parfois, je tape sur le MJS, mais parfois, le PS mériterait aussi de s'en prendre plein dans la poire.


Nous sommes en pleine préparation des municipales. Les sections ont élu leur représentant, sauf dans quelques villes comme Orly, et choisi ainsi celui ou celle qu'ils souhaitent voir mener la tête de liste en mars 2008. Avec quelques complications dans certains endroits.
À Boissy par exemple, le candidat naturel de la section a vu arriver au dernier moment une concurrente surprise, la secrétaire fédérale du Val-de-Marne, Michèle Sabban. Elle comptait sur son égo et son aura pour s'imposer, mais la seconde caractéristique n'arrivant pas à la cheville de la première, elle n'a fait qu'un score piteux. Son adversaire, Régis Charbonnier, a obtenu autant de voix que ne l'aurait fait Thierry Atlan s'il avait pu organiser un vote : 79%.
« Eh bien. Justice est faite ! Arrête de nous emmerder. » Oui, mais non, haha mon ami, comme tu es naïf, ce serait trop simple.
En fait, elle a choisi de profiter de son statut, parce que être première fédérale pour s'emmerder avec ces procédures que même un fils d'immigré il s'en fout ben faut pas déconner, surtout qu'elle la veut l'investiture à Boissy alors hein bon. C'est ainsi qu'elle sort, avec son fidèle acolyte Serge Lagauche, une circulaire annonçant la liste des municipalités réservées aux femmes. Car il faut être à la pointe dans le domaine de la parité, vous comprenez.
Oh, Boissy figure dedans ! Ça c'est une coïncidence, mais bon, elle ne va pas cracher dessus. Michèle Sabban va donc être la candidate PS à Boissy, parce que c'est une femme. Pas car elle est compétente, ni car elle a réussi à s'imposer intelligemment, ni car elle a le moindre centigramme de mérite, ni car elle connaît les dossiers de la ville, mais car elle a été dotée d'une longue chevelure par notre créateur ou la nature. C'est à croire que le destin voulait qu'elle soit la candidate de Boissy en 2008.
Enfin, cette nouveauté a un inconvénient : il faut bien qu'il y ait autant de villes femme que de villes homme. Et c'est ainsi que la mienne s'est vue affubler d'une mention "Réservée". Le problème, c'est que la fédération a laissé, comme à Boissy, un mâle se présenter... et gagner. La différence s'étant faite grâce aux voix du MJS (dépouillées à part, le vote secret ayant ses limites : sur 2, 2 furent pour Philippe Rosaire) (et dont je ne faisais pas partie), les votants se sont fait reprocher leur choix car il aurait été plus pratique pour la fédé qu'ils donnent l'avantage à la nana.
Reste qu'il a remporté l'élection interne. Cependant, la fédération lui a fait savoir qu'elle comptait donner une recommandation... en faveur de sa concurrente déchue. Qui ne s'en est pas plaint, mais a essayé de sauver son honneur en cachant son opportunisme, raté, d'ailleurs. Et hop, comme à Boissy, la perdante allait devenir tête de liste car c'est une femme, alors que l'homme connaît parfaitement les dossiers de la ville en tant que conseiller municipal depuis 2001.
Heureusement, le conseil fédéral à ciel ouvert du 19/11 a vu, semble-t-il, les responsables de la fédération retourner leur veste. Contrairement à ce qu'ils avaient indiqué en privé au candidat, ils se sont prononcés de faveur de sa désignation, à condition qu'il associe à part égale son ex-adversaire (!). Reste l'épée de Damoclès du National, qui peut toujours changer d'avis s'il s'avise d'écouter la lettre jointe par la prétendante déchue, trésor d'ambiguïté et de non-dits. A priori, ce ne sera pas le cas, mais le doute existe...


On est donc dans une situation où le parti interdit déjà aux désignés de se faire connaître en tant que tels avant l'officialisation des investitures le 15 décembre, mais où nous travaillons en plus sans savoir quelle sera la décision finale des instances nationales. Nos trois adversaires principaux en sont aujourd'hui à leur second tract. Notre premier du nom sera distribué dans un mois et demi au plus tôt, car on ne dispose pas du matériel qui sera proposé par la fédération, ni de l'assurance de la tête qui figurera dessus. Comment lutter à armes égales dans ces conditions ?



Chers Socialistes du 10,

Nous sommes dans une municipalité très difficile pour la Gauche. Nous avons besoin de soutien et d'organisation.
Cependant, vous avez décidé de choisir les candidats 4 mois avant les élections, ce qui est une aberration que les superlatifs me manquent pour qualifier. Comment faire connaître la personne qui sera soumise au scrutin des habitants en 4 mois... à une ville de 75000 habitants ?
Vous ne basez vos préférences que sur l'avis de la fédération et pas sur le vote des militants, ce qui conduit à un déni de démocratie souvent impressionnant de par son ampleur, et ça pour imposer vos amis un peu partout. « Tu as été gentille Michèle, tu ne nous as pas embêté, allez tiens, attrape ta candidature dans une ville que tu n'habites même pas. »
Enfin, et je peux parler du futur au passé, vous nous avez fait perdre, plus, vous nous avez fait faire un mauvais score.

Cordialement. Bonne rénovation.